Dans le Monde du 25 décembre, Philippe Ridet (le correspondant du Monde en Italie) a écrit un article qui commentait aussi la lettre ouverte de P.L. Celli du mois de novembre.
Là vous devez vous étonner de la grande réactivité de ce blog par rapport au grand journal, mais l'article est quand même bien plus intéressant que mon message. Sans rancune.
Accessible pour les abonnés là: http://www.lemonde.fr/teaser/?url_zop=http%3a%2f%2fabonnes.lemonde.fr%2feurope%2farticle%2f2009%2f12%2f24%2fl-italie-voit-un-signe-de-declin-dans-l-expatriation-de-ses-jeunes-diplomes_1284583_3214.html
samedi 2 janvier 2010
mercredi 9 décembre 2009
Fiammiferi e infermiere
Saviez-vous qu'ici on ne trouve pas d'allumettes dans les supermarchés, mais dans les bureaux de tabac car comme les cigarettes elles sont soumises à une taxe spéciale?
Voilà c'est tout.
Bientôt je prendrai mon appareil photo pour photographier les affiches publicitaires machos qui sont partout tout le temps sans que ça ne choque, apparemment, personne.
En avant-première je vous en décris une car il me semble qu'elle n'est plus diffusée à présent: sur les écrans du métro il avait un message du ministère de la santé pour inciter les gens à se faire vacciner contre la grippe A. Et ce message était illustré par la photo d'une "infirmière" très blonde au très profond décolleté.
Sans commentaire.
Voilà c'est tout.
Bientôt je prendrai mon appareil photo pour photographier les affiches publicitaires machos qui sont partout tout le temps sans que ça ne choque, apparemment, personne.
En avant-première je vous en décris une car il me semble qu'elle n'est plus diffusée à présent: sur les écrans du métro il avait un message du ministère de la santé pour inciter les gens à se faire vacciner contre la grippe A. Et ce message était illustré par la photo d'une "infirmière" très blonde au très profond décolleté.
Sans commentaire.
lundi 30 novembre 2009
Mon fils, quitte ce pays!
C'est le titre de la lettre ouverte qu'a écrite Pier Luigi Celli, le directeur général de la LUISS (une grande université privée de Rome) et ex-directeur de la RAI (télévision publique italienne) à son fils, parue aujourd'hui dans la Repubblica et qui a déjà suscité 1960 commentaires (beaucoup sont des témoignages type "oui c'est mieux à l'étranger").
A lire en italien ici.
P.L. Celli explique à son fils qui vient de terminer ses études que l'Italie "n’est plus un endroit dans lequel on puisse vivre avec fierté” et lui conseille d'aller là "où la loyauté, le respect, la reconnaissance du mérite et des résultats ont encore de la valeur".
Et ce message paternel se termine par "prépare-toi de toutes façons à souffrir"
Serait-ce du désespoir?
"On aurait voulu que l'Italie soit différente, on n'a pas réussi"
... et ce n'est pas en encourageant la fuite des cerveaux que vous réussirez cher monsieur le directeur d'Université!
Plutôt que d'enjoindre son fils à se battre, il lui conseille publiquement de fuir, à lui et à tous les autres donc.
Faut-il être franchement lâche ou franchement désespéré non?
J'allais clore le message ici, mais un nouveau coup d'oeil au site de la Repubblica et aux 19 nouveaux commentaires postés entre temps m'oblige à remercier "walterstucco" auteur d'un commentaire enfin lucide. Merci Walter. Il écrit:
"J'aurais préféré entendre plus de personnes se plaignant du laxisme chronique des Italiens, plutôt que dire que c'est toujours la faute du système. En Italie tout le monde est victime du système."
Puis en substance: se demande combien de personnes parmi tous les diplômés italiens essaient au moins de maintenir ce que leurs parents ont construit. Constate que l'auteur de la lettre était dans la position de faire changer les choses et que au lieu de ça il se plaint. Et termine:
"Les Italiens aiment pleurer. Mais ils n'aiment pas réparer ce qu'ils ont cassé".
Depuis 5 minutes 15 nouveaux commentaires ont été envoyés, je ne les lis plus sinon je continuerai encore longtemps cette revue de presse.
PS du mardi 1er décembre: la Repubblica a publié aujourd'hui un compte rendu des commentaires, en italien là.
A lire en italien ici.
P.L. Celli explique à son fils qui vient de terminer ses études que l'Italie "n’est plus un endroit dans lequel on puisse vivre avec fierté” et lui conseille d'aller là "où la loyauté, le respect, la reconnaissance du mérite et des résultats ont encore de la valeur".
Et ce message paternel se termine par "prépare-toi de toutes façons à souffrir"
Serait-ce du désespoir?
"On aurait voulu que l'Italie soit différente, on n'a pas réussi"
... et ce n'est pas en encourageant la fuite des cerveaux que vous réussirez cher monsieur le directeur d'Université!
Plutôt que d'enjoindre son fils à se battre, il lui conseille publiquement de fuir, à lui et à tous les autres donc.
Faut-il être franchement lâche ou franchement désespéré non?
J'allais clore le message ici, mais un nouveau coup d'oeil au site de la Repubblica et aux 19 nouveaux commentaires postés entre temps m'oblige à remercier "walterstucco" auteur d'un commentaire enfin lucide. Merci Walter. Il écrit:
"J'aurais préféré entendre plus de personnes se plaignant du laxisme chronique des Italiens, plutôt que dire que c'est toujours la faute du système. En Italie tout le monde est victime du système."
Puis en substance: se demande combien de personnes parmi tous les diplômés italiens essaient au moins de maintenir ce que leurs parents ont construit. Constate que l'auteur de la lettre était dans la position de faire changer les choses et que au lieu de ça il se plaint. Et termine:
"Les Italiens aiment pleurer. Mais ils n'aiment pas réparer ce qu'ils ont cassé".
Depuis 5 minutes 15 nouveaux commentaires ont été envoyés, je ne les lis plus sinon je continuerai encore longtemps cette revue de presse.
PS du mardi 1er décembre: la Repubblica a publié aujourd'hui un compte rendu des commentaires, en italien là.
samedi 21 novembre 2009
Napoli
mercredi 4 novembre 2009
Stupido paragone
J'ai fui quelques jours Rome pour Florence.
Lors de ce type de séjour me viennent parfois à l'esprit des théories ridicules. Démonstration.
Rome est grande, colorée, chaotique, sent la fiente d'étourneau ou la pizza selon la saison.
Florence est petite, austère, calme, sent le cuir.
A Rome il y a les églises tarabiscotées de Borromini, les sculptures dramatiques du Bernin, les gens crient.
A Florence il y a les églises sereines de Brunelleschi, les Vierges à l'Enfant souriantes de Donatello, les gens font du vélo, marchent sur des trottoirs, font si peu de bruit qu'ils aspirent même les "c".
M'est apparue cette évidence: le côté incasinato/bordélique des Romains est lié à leur fréquentation quotidienne de l'art baroque, tandis qu'à Florence le calme des habitants n'est qu'une conséquence du cadre reposant de la ville.
Cette théorie idiote m'amuse.
En réalité, à Florence il y a Michel-Ange, des esclaves enchaînés et lascifs, Benvenuto Cellini le fou, David qui tue Goliath, Persée qui décapite Méduse, Judith qui trucide Holopherne.
Et à Rome règne aussi la noble simplicité et la grandeur sereine de l'Antiquité (plagiat).
Il n'est pas donné à tout le monde de "transformer ses expériences en système de pensée"...
Quelques images florentines qui continuent à faire mentir cette théoriette du dimanche.
L'Enlèvement des Sabines de Giambologna, place de la Seigneurie (fin du XVIe siècle), autour duquel j'ai tourné pendant très longtemps (réalisé presque 30 ans avant le Rapt de Proserpine du Bernin!).
Persée de Benvenuto Cellini (mi XVIe siècle) et un aperçu de la Loggia dei Lanzi sous laquelle sont placés ces deux groupes.
(comme les touristes qui prennent en photo l'emplacement vide de la Joconde, je photographie les échafaudages)
Pour finir, la section "beautés locales".
Pour finir, la section "beautés locales".
PS: reprenons la bonne tradition du "mot du jour", le paragone du titre veut dire comparaison
samedi 31 octobre 2009
Différent, bizarre, et pas pareil
Le manger, encore.
Dans ce pays où poussent les oranges un peu partout, et bien bizarrement, il est très difficile de trouver du jus d'orange plus ou moins naturel, sans concentré, conservateur etc...
J'ai appris qu'en fait s'ils veulent du jus d'orange, les Italiens se le feraient plutôt eux-mêmes (la spremuta). Et j'ai aussi appris que jus d'orange "tout prêt", yaourts etc... étaient des aliments récents ici.
Ma colocataire italienne ne comprend pas qu'on puisse manger un yaourt en dessert, pour elle c'est complètement absurde, ça ne peut se manger qu'en goûter.
Bon, pour moi c'est ça qui est absurde.
Sinon, ici le beurre est blanc.
Et la moutarde n'est pas terrible, ça a goût de "savora", la mixture jaunâtre.
Le chocolat noir (fondente) ne me plaît pas non plus.
Je ne m'en rends compte que maintenant, car l'an dernier je mangeais 100% italiano (pasta-pomodoro tutto il giorno), mais là j'ai parfois un peu de nostalgie culinaire, j'avoue.
La vie romaine suit son cours. Il y a eu la commémoration de la marche sur Rome de Mussolini cette semaine. C'était en 1922 et on est en 2009, ce n'est donc pas un anniversaire particulier et j'en déduis qu'ils doivent le faire chaque année. J'ai vu une affiche "Mussolini, padre del popolo. Anniversario della marcia su Roma", malheureusement je n'ai pas de photo. Ô la douce nostalgie.
C'était la partie incompréhension.
A présent je vous présente des fleurs de courgette, et de la chicorée que mangent beaucoup les Italiens. Cuit ça a un peu goût d'épinard mais plus amer. Ils mangent beaucoup de feuillages qu'il n'y a pas chez nous en fait.


Et puis le dissolvant "Parisienne" tellement chic.

Et pour terminer, 2 affiches d'une campagne de communication de la ville de Rome pour inciter les commerçants, chauffeurs de taxi etc... à être plus polis et à ne pas entuber les touristes.
Si seulement ça pouvait marcher.
"plus d'honnêteté et de transparence/ plus de disponibilité et de courtoisie"

Dans ce pays où poussent les oranges un peu partout, et bien bizarrement, il est très difficile de trouver du jus d'orange plus ou moins naturel, sans concentré, conservateur etc...
J'ai appris qu'en fait s'ils veulent du jus d'orange, les Italiens se le feraient plutôt eux-mêmes (la spremuta). Et j'ai aussi appris que jus d'orange "tout prêt", yaourts etc... étaient des aliments récents ici.
Ma colocataire italienne ne comprend pas qu'on puisse manger un yaourt en dessert, pour elle c'est complètement absurde, ça ne peut se manger qu'en goûter.
Bon, pour moi c'est ça qui est absurde.
Sinon, ici le beurre est blanc.
Et la moutarde n'est pas terrible, ça a goût de "savora", la mixture jaunâtre.
Le chocolat noir (fondente) ne me plaît pas non plus.
Je ne m'en rends compte que maintenant, car l'an dernier je mangeais 100% italiano (pasta-pomodoro tutto il giorno), mais là j'ai parfois un peu de nostalgie culinaire, j'avoue.
La vie romaine suit son cours. Il y a eu la commémoration de la marche sur Rome de Mussolini cette semaine. C'était en 1922 et on est en 2009, ce n'est donc pas un anniversaire particulier et j'en déduis qu'ils doivent le faire chaque année. J'ai vu une affiche "Mussolini, padre del popolo. Anniversario della marcia su Roma", malheureusement je n'ai pas de photo. Ô la douce nostalgie.
C'était la partie incompréhension.
A présent je vous présente des fleurs de courgette, et de la chicorée que mangent beaucoup les Italiens. Cuit ça a un peu goût d'épinard mais plus amer. Ils mangent beaucoup de feuillages qu'il n'y a pas chez nous en fait.
Et puis le dissolvant "Parisienne" tellement chic.
Et pour terminer, 2 affiches d'une campagne de communication de la ville de Rome pour inciter les commerçants, chauffeurs de taxi etc... à être plus polis et à ne pas entuber les touristes.
Si seulement ça pouvait marcher.
"plus d'honnêteté et de transparence/ plus de disponibilité et de courtoisie"
dimanche 4 octobre 2009
Message canon
Au Palais Farnèse, chaque jour à midi pile j'entends un bruit sourd et sens une sorte de déflagration... intriguée je me suis renseignée: il s'agit d'un coup de canon, tout simplement.
Chaque jour à midi "pétante", justement, un coup de canon est tiré depuis le Janicule (une colline, derrière le Trastevere, à l'Ouest de Rome donc), sous la statue de Garibaldi exactement. Je ne l'avais jamais entendu avant car les bruits de la ville recouvrent celui du canon, mais le Palais étant très proche du Janicule on ne peut vraiment pas l'ignorer.
Pourquoi?
Car au XIXe siècle, pour harmoniser toutes les cloches de la ville, Pie IX a décidé de faire tirer un coup de canon à midi pile, afin de donner l'heure exacte sur laquelle devaient se régler les églises. Le coup était d'abord tiré du Castel Sant'Angelo, et depuis le début du XXe siècle, depuis le Janicule.
Fin du mystère.

Voici même un poème romain sur le sujet, avec sa traduction en italien comme ça ceux que ça intéresse peuvent voir à quoi correspond le "romain" par rapport à l'italien.
Version italienne:
Par exemple il devient er en romain, "mo' " est employé pour dire "maintenant" etc...
Tant que personne ne me dira que les dialectes ça n'intéresse pas les foules, je continuerai à en parler, car moi ça me plaît.
Chaque jour à midi "pétante", justement, un coup de canon est tiré depuis le Janicule (une colline, derrière le Trastevere, à l'Ouest de Rome donc), sous la statue de Garibaldi exactement. Je ne l'avais jamais entendu avant car les bruits de la ville recouvrent celui du canon, mais le Palais étant très proche du Janicule on ne peut vraiment pas l'ignorer.
Pourquoi?
Car au XIXe siècle, pour harmoniser toutes les cloches de la ville, Pie IX a décidé de faire tirer un coup de canon à midi pile, afin de donner l'heure exacte sur laquelle devaient se régler les églises. Le coup était d'abord tiré du Castel Sant'Angelo, et depuis le début du XXe siècle, depuis le Janicule.
Fin du mystère.
Voici même un poème romain sur le sujet, avec sa traduction en italien comme ça ceux que ça intéresse peuvent voir à quoi correspond le "romain" par rapport à l'italien.
St'usanza che sembrava bella e morta
è tornata de moda 'n'artra vorta.
Mo' mezzogiorno a tutte le perzone
j'ariviè segnalato dar cannone.
Quanno lo sento penzo coìla mente
na prejera che viene su dar core
e mormoro: Signore!
Fa ch'er cannonce serva solamente
pe' di all'umanità
che sta arrivanno l'ora de magnà.
è tornata de moda 'n'artra vorta.
Mo' mezzogiorno a tutte le perzone
j'ariviè segnalato dar cannone.
Quanno lo sento penzo coìla mente
na prejera che viene su dar core
e mormoro: Signore!
Fa ch'er cannonce serva solamente
pe' di all'umanità
che sta arrivanno l'ora de magnà.
Version italienne:
Questa usanza che sembrava bella e morta
E' tornata di moda un'altra volta.
Adesso mezzogiorno a tutte le persone
riviene loro segnalato dal cannone.
Quando lo sento penso con la mente
una preghiera che viene su dal cuore
e mormoro: Signore!
Fai che il cannone serva solamente
Per dire all'umanità
Che sta arrivando l'ora de mangiare
E' tornata di moda un'altra volta.
Adesso mezzogiorno a tutte le persone
riviene loro segnalato dal cannone.
Quando lo sento penso con la mente
una preghiera che viene su dal cuore
e mormoro: Signore!
Fai che il cannone serva solamente
Per dire all'umanità
Che sta arrivando l'ora de mangiare
Par exemple il devient er en romain, "mo' " est employé pour dire "maintenant" etc...
Tant que personne ne me dira que les dialectes ça n'intéresse pas les foules, je continuerai à en parler, car moi ça me plaît.
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